Tavannes Watch est le père biologique du Chronomat

 Tavannes Watch est le père biologique du Chronomat

Brevetée en 1941, montre sortie en 1946

Etonnant, ce modèle de Tavannes Watch datant de 1946, appelé Chronomat, ressemble à s’y méprendre à la Chronomat référence 769 de Breitling. Et si l’histoire des calibres mythiques de l’horlogerie suisse s’offrait une petite révision?

 

Par Joël A. Grandjean, rédacteur en chef

 

Il est temps de rendre à César ce qui lui revient et de ressortir des bases de données accessibles sur le web un brevet déposé le 26 août 1940 et publié 13 mois après, le 30 septembre 1941. Il s’agit du CH217012A inventé par Adrien Schweizer.

 

Zoom. Le calibre de cette pièce d’horlogerie signée Tavannes Watch est capable d’effectuer des opérations tachymétriques et télémétriques, comme l’indique son cadran. Comme l’indique aussi le dessin qui accompagne le brevet. Le père biologique de la célèbre Chronomat est donc à chercher du côté d’un petit village du Jura qui donne son nom à une marque qui fut l’un des plus grand fabricants de montres du monde: jusqu’à 4’000 mouvements par jour (!), parfois aussi vendus à d’autre mythes, comme Jaeger LeCoultre, Hermès ou Cartier. En tout, aux belles heures de ce fleuron industriel, environ 2’000 employés perpétuaient l’oeuvre fondatrice d’Henri-Frédéric Sandoz, un maître horloger, génie micromécanicien qui en 1891 (il a 40 ans) fondait Tavannes Watch. Il était en provenance du Locle, au bénéfice d’un avantage offert par ce qui devait être à l’époque l’équivalent de la « promotion économique » de la région: implanter dans un village, pour stimuler l’emploi et l’essor environnant, une entreprise garante d’emplois. D’autres noms horlogers semblent témoigner de cette pratique, tel Cortébert, Le Landeron, Fontainemelon, etc…

 

La fabrique Tavannes – aujourd’hui on dirait la Manufacture – fut l’une des premières à adhérer à l’engouement pour la montre bracelet et donc à fabriquer des mouvements spécifiquement réduits en taille alors que les autres utilisaient pour les installer au poignet des calibres de montres de poche.

 

Outre cette Chronomat, deux autres pièces marquent l’histoire de cette légende horlogère aujourd’hui reprise par Florin Niculescu, un ancien de Cyma et de Vaucher Manufacture à Fleurier: la toute première pièce signée Tavannes, pour l’US Signal Corps, ainsi qu’un pièce emblématique personnalisée pour le Roi d’Angleterre.

✍ Joel A. Grandjean

✍ Joel A. Grandjean

Editor in chief & publisher of Swiss Watch Passport and JSH 1876 Magazine. Member of impressum, this Swiss native from Ivory Coast and descendant of a family of watchmakers co-founded at Ringier in 1993 with Kenan Tegin the magazines Montres Passion & Uhren Welt as well as the Watch of the Year Award. Created in 2005, his press agency TàG Press +41, writes for about twenty media. Some of them entrust him with their editors-in-chief: Journal Suisse d'Horlogerie (2008-2014), Heure Suisse/Schweiz and Année Horlogère, F/D/E (2011-2014), Watchonista.com (2013-2019). In 2019, he relaunches JSH Magazine and then, in 2021, builds on his very first editorial venture, the bloghorloger.ch founded in 2003, to come back online with the Swiss Watch Passport. Joel Grandjean is a member of the SSC, the Swiss Chronometry Society, and of the jury of the Prix Gaïa (MIH)