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Rencontre EPHJ: Laurent Jolliet, le dernier chaîniste de Suisse!

Temps de lecture : 2 minutes

Espèce en voie de disparition? Son métier ne fait plus l’objet d’aucune formation certifiante, ni en Suisse, ni en France. Portrait d’un personnage attachant qui, à sa façon, incarne le maillon manquant d’une industrie se gargarisant de fait-main.

Par Emmanuel Alder / Journaliste indépendant JSH Magazine & TàG Press +41
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Dans le monde du savoir-faire et du luxe, il existe une constellation de métiers, certains évidents et d’autres plus mystérieux. Tous participent à la création d’une quantité d’objets extraordinaires dans le monde horloger ou bijoutier.

Laurent Jolliet, le dernier bijoutier-chaîniste de Suisse, une passion déchaînée, un savoir-faire unique. ©Emmanuel Alder

Indispensable à l’horlogerie haut de gamme

A l’heure où les grandes institutions du secteur, fondations et autres «.Org» capitalisent un max sur le discours marketing des métiers d’art, il est des professions manuelles et nobles dont l’existence est menacée. Pourtant indispensable au secteur, le métier en voie d’extinction de chaîniste incarne un savoir-faire spécifique à la réalisation de chaînes, colliers ou bracelets. Cette spécialité était autrefois incluse dans la formation du joaillier-bijoutier, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

Laurent Jolliet, établi au Lignon, Genève, est l’un de ces rares hommes de l’art sinon le dernier, encore capable de réaliser de façon traditionnelle toutes les variantes imaginables de chaines ou bracelets. Un savoir-faire unique qui lui permet de répondre présent aussi bien pour la réalisation de chaînes ou bracelets classiques que pour celle de modèles personnalisés que seule l’imagination pourrait limiter. Des compétences également mises au service de grandes enseignes horlogères ou joaillières aux fins de réparations ou encore des officines de ventes aux enchères.

Réalisées à la main, chaînes en argent. Le métier pourrait disparaître / photo@Emmanuel Alder

Perspectives

Certes, quelques grandes enseignes ont dans leurs rangs des employés capables de réaliser des chaînes, mais tout ce qui est compliqué finit toujours chez lui, en raison de la complexité des calculs nécessaires à la réalisation de chaînes au design irrégulier ou compliqué. Autre difficulté évoquée, l’important matériel inhérent au métier de chaîniste qui s’avère dissuasif pour qui voudrait ajouter cette corde à son arc.

Je l’écoute parler, je l’observe… J’ai la sensation de côtoyer l’espace d’une parenthèse magique une sorte d’alchimiste. Et je me pose une question: qui des instances de formation, des grandes enseignes, ou des fondations, aura l’indispensable bonne idée de rendre pérenne cet étonnant savoir-faire qui ne compte ici plus qu’un seul dépositaire?

Bracelets de montre. Laurent Jolliet, le chaînon manquant du savoir-faire joaillier ©Photo Emmanuel Alder
Maillons en forme de coeurs d'une chaîne en cuivre... L'art du fait-main selon Laurent Jolliet. ©Photo Emmanuel Alder

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