[En couverture du JSH Fin 2025, dossier] LTM Le Temps Manufactures: rarement contexte n’aura été plus favorable au seul motoriste indépendant suisse disposant d’une famille de mouvements si petits qu’ils suscitent l’admiration des grands maîtres horlogers et des aficionados.
Joël A. Grandjean, rédacteur en chef JSH Magazine & Swiss-Watch-Passport.ch
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Ces calibres-là reviennent de loin! Mis au point dans un passé où tout était permis en matière de créativité et d’audace, à l’heure où les garde-temps en train de sortir des poches pour s’installer aux poignets se devaient d’avoir exploré les bagues, les pendentifs, les pommeaux de cannes ou autres objets insolites… À l’heure aussi où l’alternative quartz autorisant une miniaturisation jusque-là impossible, n’allait apparaître qu’une cinquantaine d’années plus tard.
Calibres de petite taille, demande accrue
Choisir de perpétuer, de développer, d’améliorer, de fiabiliser puis de produire des micro-calibres n’a pas toujours relevé de l’évidence. C’était même, durant les presque deux décennies où les garde-temps d’une certaine «Nouvelle Horlogerie» s’aventurèrent vers le XXL, une démarche à contre-courant.
Or, en 2026, LTM Le Temps Manufactures, le seul groupe à avoir cultivé cette veine improbable en complément d’une kyrielle de savoir-faire se retrouve comme jamais au bon endroit au bon moment. Le motoriste discret de Fleurier, dans le canton de Neuchâtel, se situe en effet au cœur d’un giratoire imprenable ouvrant sur trois directions majeures de l’horlogerie contemporaine.
Diamètres raisonnables, tendance mondiale

La première route qui saute aux yeux, et ce trend est indéniable, c’est le diamètre des garde-temps qui revient à une taille oscillant autour des 40 mm, voire en dessous. Ce n’est plus, comme les marques tentèrent de nous faire croire, parce qu’une certaine partie de leur production se devait d’être en phase avec la finesse des poignets asiatiques ou, comme elles osèrent le revendiquer, parce certains modèles conçus pour les hommes trouvaient leurs publics féminins grâce à une simple réduction de diamètre.
Or, de concert avec cette demande perceptible, de plus en plus de cadrans s’offrent des expressions visuelles qui, soit mettent en scène des fonctions additionnelles plutôt que leur motorisation de base, soit, par le jeu des métiers d’art, grignotent des espaces jusque-là réservés aux fonctions premières du fonctionnement de la pièce. Du coup, la place réservée au calibre dans ces deux cas de figure, devient idéale lorsqu’elle est réduite à son strict minimum.

Des femmes de plus en plus «compliquées»
L’autre chemin, la deuxième aubaine pour LTM Le Temps Manufactures, c’est celui qui mène de manière inéluctable à des collections féminines toujours plus mécaniques. En effet, l’intérêt de ce public pour les montres qui tournent le dos au quartz se traduit par une volonté généralisée des marques de lui répondre en termes de véritables collections dame, spécifiquement conçues. Et dans cette quête, les micro-calibres deviennent autant de promesses de faisabilité.
Ce retour aux tailles «normales», le marché le réclame vraiment, collectionneurs en tête»


La joaillerie, éternel grand renfort de l’horlogerie
Durant son histoire, dans ses hauts comme dans ses bas, l’horlogerie d’excellence suisse a toujours exploré les voies joaillière-bijoutières. Encore une fois, face à cette propension à favoriser les échanges et les complémentarités entre ces secteurs cousins, la réponse LTM, avec ses familles de calibres de toute petite dimension, s’inscrit dans un inconscient collectif marqué par le fameux Timegraph de Caran d’Ache (photo 05), instrument d’écriture indiquant l’heure, un concentré de «suissitude» micromécanique.
Ou, plus récemment, dans l’exceptionnel bijou Swiss made imaginé par la marque joaillière américaine Paul Forrest & Co: un cœur qui bat réellement, l’effet est bluffant, grâce à un calibre LTM minuscule encapsulé dans les entrailles confinées d’un pendentif aussi rare que précieux.
Sous les feux de l’actualité
Incroyable, le calibre LTM 2000 devient automatique avec le LTM 2100 qui se trouve en couverture du Journal Suisse d’Horlogerie JSH (édition fin 2025). Il aura fallu apprivoiser 141 composants dont 1 barillet pour créer ce calibre mécanique à remontage avec rotor unidirectionnel. Son diamètre d’encageage reste à 15.30 mm comme pour le LTM 2000, son épaisseur passe à 3.90 mm. Ici, 5 hauteurs d’aiguillage sont possibles. L’autonomie est de 38 heures, le mouvement bat à une fréquence inhabituelle de 25’200 alternances par heure, soit à une fréquence de 3,5 Hertz.
Familles de calibres proposées
par LTM, Le Temps Manufactures à Fleurier
LTM 1000, LTM 1010, LTM 2000, LTM 2100, LTM 5050, TM 5150
Mouvement mécanique à remontage manuel de 84 composants dont 1 barillet. Dimensions: peut s’encager dans un espace de 9.00 mm x 21.00 mm. Épaisseur 3,5 mm, hauteur de la tige, 1,60 mm. Quatre hauteurs d’aiguillage sont possibles, voire plus sur demande. Une réserve de marche de 38 heures, un cœur qui bat à 28’800 alternances par heure, soit à une fréquence de 4 Hertz.









