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GenevaWorld 2022, on est encore assez loin de Bâle mais ça fourmille

Temps de lecture : 4 minutes

Elles seront plus d’une centaine de marques horlogères à exposer à Genève entre la fin mars et le début avril. On est loin des plus de 1’200 qui faisaient, déjà en diminution drastique, vibrer le monde à Bâle d’avant la débandade, quoique… Qui sont-elles, où sont-elles? Avant de découvrir le guide pratique, un peu d’histoire…

Joël A. Grandjean, rédacteur en chef JSH Magazine & Swiss-Watch-Passport.ch
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> Pour s’y retrouver, le sésame des salons horlogers 2022, by JSH

Sésame pour qu’à l’heure où les agendas se noircissent à vue d’oeil, quelques portes puissent encore s’ouvrir pour les passionnés, les cotraitants et… pour les nombreux journalistes professionnels qui guignent régulièrement du côté de notre passport réputé pour disposer d’une absence de langue de bois et d’une voix libre qui prolonge le fameux et craint bloghorloger.ch, l’une des toutes premières aventures éditoriales horlogères online qui officia de 2003 à 2014.

> Lire l’histoire du Swiss-Watch-Passport.ch

En parallèle de la découverte des lieux, des dates et des marques exposantes (guide pratique), il est bon de se souvenir du contexte historique qui, déjà depuis une trentaine d’années, a permis progressivement à Genève, malgré elle et malgré son cruel manque de vision, de supplanter Bâle et d’enterrer l’événement mondial du secteur le plus en vue.

Deux secessions significatives, le SIHH et l’EPHJ

Il y eut pour commencer une première secession, celle orchestrée il y a 30 ans par le Groupe Richemont désireux de faire bande à part en distinguant la haute horlogerie du reste. Un concept d’exclusion matérialisé par le SIHH, le Salon International de la Haute Horlogerie qui, tant que Bâle continuait de charrier les foules, avait la possibilité d’exister avant même que, 25 ans après, il ne soit clairement défini. En d’autres termes, on a parlé durant plus de deux décennies d’un concept qui n’avait pas été défini et qui le fut grâce à la parution du livre blanc, autant consensuel que tardif.

La deuxième grande secession fut celle de la création de l’EPHJ, le salon de l’Environnement Professionnel Horlogerie et Joaillerie qui a permis de regrouper, déjà avant ses 20 ans d’existence, plus de 850 exposants de l’horlogerie: ces fameuses sociétés et PME que Bâle, dans son arrogance légendaire avait coutume de désigner comme les « branches annexes » au lieu de comprendre qu’il s’agissait du coeur de l’horlogerie. Comprenez les sous-traitants, les fournisseurs que JSH Magazine a renommés les cotraitants. C’est à partir de ce transfert géographique que les vraies forces de bascule entre la ville rhénane et le cité de Calvin ont commencé à agir.

> Lire le billet d’humeur en 2012 « cotraitants, parce que vous le valez bien » paru sur Horlogerie-Suisse.com
> Lire sur Watchonista.com le récit de la débâcle incarnée par le départ de René Kamm
> Revoir en 2018, pour la première fois, Genève passe devant Bâle: téléjournal RTS

Soudain, Rolex et sa ‘garde rapprochée’ rejoignent Genève

Puis, coup de semonce inimaginable, voici que Rolex en tête, flanquée de son indépendante petite soeur Tudor, de la prestigieuse Patek Philippe, de Chanel et de Chopard, rejoignent le SIHH. Conséquence première, il n’est dès lors plus possible de se référer encore au concept de Haute Horlogerie lorsque les deux plus grands du marché, Genevois de surcroît, décident de rentrer au bercail! Le salon est donc devenu Watches & Wonders. En effet, comment continuer à parler de Haute Horlogerie pour désigner des marques de luxe alors que le géant des géants du luxe, la marque à la couronne, produit des montres à moins de CHF 10’000.00 et, via Tudor, des modèles iconiques à moins de CHF 2’000.00? Il convient, comme je le professe depuis presque 10 ans maintenant, de parler d’horlogerie d’excellence. C’est tout de même mieux.

> Lire le sujet sur Watchonista « Faut-il en finir avec la Haute-Horlogerie »
> Revoir le sujet du téléjournal 12h14 de la RTS, la télévision nationale suisse

Genève et ses blocages indéfendables

Au fait, pourquoi Genève, qui dispose d’une histoire liée aux grandes expositions et d’une halle d’exposition Palexpo qui, avec la pandémie, avait pris un bouillon monumental, n’a-t-elle pas été capable d’accueillir, suite au départ de Rolex, les plus de 600 marques qui n’avaient qu’un seul objectif, se trouver là où ça se passe, c’est à dire là où le leader incontesté du marché se trouve? Contexte politique? Manque de compréhension de ce qu’était Baselworld et surtout, clause de non-concurrence au profit de la Compagnie Financière Richemont dénoncée déjà en mai 2020 par le soussigné. La nouvelle avait été reprise à la rentrée 2020 par le Temps et la RTS, puis par le reste des médias. La clause, si elle est légitime commercialement, n’en demeure pas moins totalement anti-sectorielle. Il eût été judicieux de la part des politiques (après tout Palexpo c’est aussi une partie des impôts des Genevois et de l’horlogerie), de la faire sauter manu militari au nom des intérêts nationaux et sectoriels.

Lire le sujet « Le Groupe Richemont et la clause de non-concurrence à Palexpo« .

 2022, le vrai début d’un GenevaWorld?

Si l’on ajoute aux marques exposantes regroupées dans ce guide pratique de Swiss-Watch-Passport, les plus de 800 exposants de la cotraitance à l’EPHJ (du 14 au 17 juin 2022) et les plus de 200 exposants du salon joaillier GemGenève (des transfuges de Bâle également), il y aurait des chances qu’un événement tel que Baselworld puisse un jour replacer l’horlogerie mondiale au coeur de la Suisse, berceaux de ses terroirs artisanaux et industriels. Genève semble bien partie. L’espoir est en marche, la logique du nombre permet d’espérer bien que tout soit aujourd’hui éclaté à la fois géographiquement que sur le plan du calendrier. Histoire à suivre…

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