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Henri Grandjean & Cie, lancement international officiel

Temps de lecture : 4 minutes

À l’occasion de Watches & Wonders Geneva 2026, la Manufacture indépendante Henri Grandjean & Cie annonce son lancement international officiel.

Une sélection de Shaniah Asha Gibson / @TRP, Cabinet d’écritures et d’influence
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Ce lancement affirme la vision de la Maison: Legacy of Tomorrow. Elle y prolonge un héritage de précision et de complication désormais inscrit dans la haute horlogerie contemporaine.

Une histoire qui se transmet et continue de s’écrire.

Legacy of Tomorrow

Henri Grandjean (1803–1878) évolue à la croisée de la science, de l’industrie et de l’horlogerie, à une période décisive de l’essor de l’horlogerie suisse.

En 1831, aux côtés de son père David-Henri Grandjean, il achève le chronomètre de marine n°1, marquant l’entrée de la Maison dans l’univers exigeant de la navigation de précision.

Mais l’œuvre d’Henri Grandjean ne se limite pas à la chronométrie. Entrepreneur visionnaire, il développe très tôt la présence de la Maison au-delà de la Suisse, notamment en Amérique latine puis en Inde, ouvrant des marchés appelés à jouer un rôle majeur dans la diffusion internationale de l’horlogerie fine.

Entre 1869 et 1875, neuf chronomètres à tourbillon sont présentés aux épreuves de l’Observatoire de Neuchâtel, à une époque où ces mécanismes restent rares et réservés aux réalisations horlogères les plus avancées.

Henri Grandjean incarne à la fois la rigueur scientifique et une vision internationale. Sous sa direction, la Maison développe des garde-temps hautement compliqués et des chronomètres à tourbillon qui la placent parmi les manufactures les plus ambitieuses de son époque.

David-Henri Grandjean est quant à lui reconnu pour ses automates, notamment le Magicien, aujourd’hui conservé dans les collections du Musée Patek Philippe à Genève, une œuvre qui a inspiré la collection actuelle. Les garde-temps Grandjean sont aujourd’hui conservés dans plusieurs institutions majeures, témoignant d’un esprit pionnier où virtuosité mécanique et poésie technique se rejoignent.

La première collection s’inscrit dans ce double héritage : précision et invention, structure et expression. Aujourd’hui, Henri Grandjean & Cie poursuit cet équilibre en tant que Manufacture indépendante. Une exigence structurelle, une intégrité technique et une attention absolue portée au détail guident chaque création.

Chaque surface, visible ou non, est pensée avec la même intention.

The Magician
Un mécanisme à trois axes qui redéfinit la perception du mouvement.

Au cœur de la collection se trouve le mystérieux Tourbillon Magician à trois axes, conçu non comme une complication décorative mais comme une véritable architecture mécanique suspendue. L’organe régulateur semble flotter au sein du mouvement, libéré de tout pont visible. Le tourbillon défie ainsi la perception tout en demeurant parfaitement ancré dans la rigueur mécanique.

Ses trois axes de rotation – 10 secondes, 18 secondes et 60 secondes – composent une architecture cinétique à plusieurs niveaux. Leurs vitesses différentielles dessinent une chorégraphie mécanique maîtrisée, chaque axe influençant directement l’équilibre et la stabilité de marche. L’architecture du calibre a été pensée dès l’origine pour intégrer cette construction tri-axiale comme un cœur structurel, et non comme un mécanisme ajouté. L’illusion de suspension repose sur une ingénierie exigeante, où spectacle et structure trouvent leur équilibre.

Le calibre à remontage manuel comprend 218 composants, oscille à 21 600 alternances par heure (3 Hz) et intègre deux barillets, un balancier à inertie variable et un échappement à ancre suisse. Avec 38,5 mm de diamètre pour 12,1 mm d’épaisseur, il équipe huit interprétations volontairement limitées de la collection Magician, chacune exprimant un dialogue distinct entre mouvement et architecture.

Le Magician est plus qu’une complication.
C’est une vision où l’héritage devient innovation

Nouveauté W&W: Magician – Patiala
Entre voyages et horizons

Présentée lors de ce lancement international, Magician Patiala évoque une dimension essentielle de la vie d’Henri Grandjean  le voyage et les échanges internationaux.

Au XIXe siècle, la Maison développe très tôt des relations commerciales au-delà de l’Europe, notamment en Inde. Le nom Patiala renvoie à un épisode documenté de cette histoire: un chronomètre répétition minutes réalisé par Henri Grandjean fut offert au roi Édouard VII par le Maharaja de Patiala.

Cette création en propose une interprétation contemporaine à travers le travail de la matière. Le boîtier en or rose est gravé à la main d’un tigre du Bengale, animal totem de l’Inde, évoluant dans un feuillage dense, tandis que des motifs architecturaux inspirés des portes du Taj Mahal sont réinterprétés avec une précision structurelle. Il ne s’agit pas d’une reproduction historique, mais d’un dialogue avec cette histoire. Sous la gravure, la même architecture mécanique s’exprime: angles rentrants anglés à la main, composants en acier polis noir et finitions poussées bien au-delà de ce qui est immédiatement visible.

Ici, l’artisanat n’est pas ornemental. Il est essentiel

Nouveauté W&W: Magician – Atrivm
Architecture de lumière

Présentée aux côtés de la Patiala, la Magician Atrivm exprime la même discipline mécanique à travers un langage architectural radicalement différent.

Dans l’architecture classique, l’Atrivm définit un volume central : un espace ouvert et structuré dans lequel la lumière révèle les formes sans obstacle. Il ne s’agit pas d’un vide, mais d’une clarté organisée.

Ce principe trouve ici sa traduction horlogère. Logée dans un boîtier en saphir, la pièce ne se contente pas de dévoiler le mouvement : elle construit un espace autour de lui. Le boîtier s’efface pour créer un volume défini dans lequel le tourbillon mystérieux à trois axes s’impose comme point central, son apparente lévitation accentuée par l’absence de toute contrainte visuelle. Ce qui disparaît n’est pas la structure, mais ce qui en entrave la lecture.

L’orthographe Atrivm introduit une cinquième dimension. Au-delà de sa référence architecturale, elle évoque l’éther luminifère, une hypothèse scientifique du XIXe siècle, contemporaine d’Henri Grandjean, qui décrivait un milieu invisible à travers lequel la lumière était supposée se propager. Ni matière ni vide, il suggérait l’existence d’un champ permettant à la perception elle-même de prendre forme. Ce parti pris s’inscrit dans la vision d’Henri Grandjean, pour qui complication et architecture mécanique formaient un ensemble cohérent. Ici, l’espace n’est pas décoratif. Il est essentiel.

La transparence n’est pas une esthétique. C’est une discipline.

De la densité de la gravure à la transparence de la structure. Deux expressions différentes. Une même fondation

Une nouvelle page

À l’occasion de son lancement international lors de la semaine de Watches & Wonders Geneva 2026, la maison indépendante suisse Henri Grandjean & Cie ne se contente pas d’honorer son héritage: elle lui donne un avenir.

De la rigueur chronométrique à l’architecture mécanique tridimensionnelle, la Maison fait dialoguer héritage et vision de demain.

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