Une fois de plus, j’ai zappé l’incontournable Fashion Week à Paris pour une virée à Sainte-Lucie. Egaré quelque part entre Roadnay Bay et la Marina, le St Lucian Daily Newspapers me rappelle à l’ordre en me révèlant la percée hexagonale d’une styliste débordant de références caribéennes. Du grand art!
Joël A. Grandjean, Rédacteur en chef de JSH® Magazine & Swiss Watch Passport
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« Transformer le patrimoine de Sainte-Lucie, plus généralement des Caraïbes, en art à porter« . Telle est la mission terrestre de cette audacieuse créative qui s’est risqué, après s’être rendue compte que sa culture est copieusement sous-représentée en terres francophones et parisiennes, à s’installer dans la Ville Lumière.
Souffles inspirés et Paris
Ici, à Sainte-Lucie, dans cette perle inspirante des West Indies, elle fait la une de la presse. Et c’est bien mérité puisque la native de ce paradis-sur-terre vient de s’illustrer avec panache dans le jungle guindée et verrouillée du milieu parisien de la mode. Persévérance, ténacité et surtout, cette puissance créative qui amplifie et universalise ses racines créoles. Sa marque « Kai » Baptiste, mot désignant la « maison », est bien plus qu’une énième émanation d’un branding « exotico-world« . Elle déborde d’éléments tangibles, tels les océans et leurs profonds mystères, l’élégance des fleurs colorées, pures, endémiques, les savoir-faire délicats et ancestraux comme la technique du macramé ainsi que l’omniprésence des frasques et des fresques carnavalesques.
Petra Baptiste érige la « rencontre entre le costume et la couture » en art aux splendeurs théâtrales et sacrées. « Avec chaque collection, la Maison Baptiste vise à honorer le passé, à inspirer le présent et à porter fièrement l’esprit des Caraïbes sur la scène mondiale« . C’est écrit dans sa bio, c’est vécu avec brio.
4 octobre 2026: fraichement nommée Ambassadrice pour la France par les Caribbean Global Awards, Petra Baptiste présente sa dernière collection « Gala of the Isles » au Marriott Hôtel à Paris

Questions personnelles, parfois intrusives, possibilité pour chaque invité/e d’user de trois jokers. Rencontre « Time People Series » avec une femme en vue, autour de son rapport au temps et à la durée…
Alors, Petra Baptiste, c’était quand la première fois?
Joker.
Êtes-vous toujours à l’heure?
Dans 90% des cas, je suis ponctuelle. Je considère qu’arriver en retard de manière délibérée est un manque de respect envers les autres et envers les efforts qu’ils déploient pour être à l’heure. Si jamais je suis tout de même en retard, c’est en raison de circonstances qui échappent véritablement à mon contrôle. Dans ce cas, je fais tout mon possible pour ne pas laisser es personnes concernées sans nouvelles et pour limiter au maximum leurs désagréments.
Quel est le pire retard dont vous vous souvenez, celui qui vous a le plus mis dans l’embarras?
Je ne me souviens pas d’une situation précise. En général, je gère bien mon temps et je m’organise à l’avance pour éviter ce genre de situations. Les rares fois où j’ai été en retard, c’était généralement dû à des facteurs indépendants de ma volonté, tels que des retards dans les transports en commun. Dans ces cas-là, je m’efforce de communiquer rapidement et d’assumer la responsabilité des conséquences, plutôt que de me sentir gênée, car je sais que cela n’était pas dû à un manque d’organisation ou de discipline.
Existe-t-il un retard ou une avance qui vous a permis d’échapper au pire?
Aucun exemple précis ne me revient. Je constate généralement qu’arriver en avance ou qu’être bien préparée m’aide à éviter d’éventuels problèmes. J’ai pris l’habitude de prévoir du temps supplémentaire pour les engagements importants, ce qui réduit le risque de retard et me permet d’être prête à faire face à toute situation imprévue. Même avec cette marge de manœuvre, si je finis par être en retard, cela me déplaît, car ce n’est pas une habitude que j’accepte ni sur laquelle je compte.
Existe-t-il un retard ou une avance qui vous a permis d’échapper au pire, de vivre le meilleur? Souvenir d’un instant béni, d’un moment privilégié…
Oui, j’apprécie ces moments où j’arrive en avance. Cela me permet d’éviter la précipitation, de me sentir calme, prête et sereine. Cela peut aussi parfois créer des opportunités: par exemple, il arrive que l’on me reçoive ou que l’on s’occupe de moi plus tôt que prévu, ce qui peut être avantageux du point de vue de la gestion du temps. Dans l’ensemble, ces moments renforcent ma préférence pour la ponctualité et le sang-froid plutôt que pour la précipitation..
Quel fut votre jour le plus long?
Joker
Quel est le design que vous considérez comme le plus intemporel?
Je dirais que la Rolex Submariner est l’un des modèles les plus intemporels qui soient. Son esthétique classique, sa construction robuste et son élégance fonctionnelle en ont fait une icône indémodable de l’horlogerie. La Submariner a su rester élégante et d’actualité pendant des décennies, alliant sophistication et fonctionnalité comme peu d’autres montres parviennent à le faire..
Indiquez moi la longitude et la latitude précise de votre lieu de naissance?
Je suis né à Sainte-Lucie, et les coordonnées géographiques approximatives de ce pays (latitude et longitude) sont 13.9094° N, ‑60.9789° W.

Citez-moi l’objet personnel que vous souhaiteriez soustraire à l’emprise du temps, pour qu’il ne se dégrade jamais?
Un objet personnel, un journal relié en cuir que je tiens depuis de nombreuses années. Il contient des réflexions, des croquis et des souvenirs qui retracent des moments de mon évolution personnelle et des expériences auxquelles je tiens profondément. Le conserver me permettrait de garder ces réflexions et ces souvenirs tels quels, à l’abri du temps qui passe..
Quel est le type de «chronophage» (mangeur de votre précieux temps), que vous redoutez le plus?
Joker
Si le temps vous était conté. Livre, proverbe, citation préféré/e/s?
Si le temps pouvait s’écrire, je préférerais qu’il prenne la forme d’un livre soigneusement conçu. En tant qu’amatrice de littérature et graphiste, j’apprécie la profondeur, la structure et la fluidité narrative qu’offre un livre. Cela permet d’explorer les moments, les expériences et les leçons de vie avec nuance et créativité. Cela donnerait au temps une forme propice à la réflexion et durable, à l’image d’une œuvre littéraire bien conçue.
Quel est le livre que vous avez mis le plus de temps à lire, (ou que vous n’avez jamais fini par exemple)?
Le livre que j’ai commencé plusieurs fois sans jamais le terminer est Women Who Run With the Wolves, écrit par Clarissa Pinkola Estés»
Cet ouvrage à succès, à la croisée de la psychologie et de la mythologie, mêle folklore, contes de fées et narration à l’analyse jungienne pour explorer la nature de l’archétype de la «Femme sauvage», une force instinctive, intuitive et créative qui, selon Estés, réside au plus profond de chaque femme. L’auteure s’appuie sur des récits issus de diverses cultures pour illustrer comment les pressions sociales peuvent réprimer cette nature intérieure et propose aux femmes des pistes pour retrouver leur intuition, leur passion et leur moi authentique. Parmi les thèmes abordés figurent la confrontation aux obstacles internes et externes, la compréhension des processus cycliques de la vie et la reconnaissance de la valeur de l’intuition et de la créativité dans le développement personnel.

Votre premier souvenir se rapportant à une durée, de nature positive ou négative?
My first memory related to the duration of time is tied to my 20 years of work behind the scenes as a creative. I dedicated myself to every necessary step, learning and preparing patiently, until my “grand moment.”
That moment came on March 7th, 2026, when I debuted as a designer during Paris Fashion Week 2026″
It was the culmination of years of effort, and a shift from being behind the scenes to stepping fully into the spotlight. One of the reasons I wanted to move forward was my passion as a cultural promoter—I aim to showcase and celebrate my Caribbean heritage through my work, and this moment allowed me to do that on a global stage.
Quels sont vos moments qui ne devraient jamais s’arrêter?
The moments in my life that should never end are those when I feel fully immersed in creativity and cultural expression—whether designing, curating, or sharing aspects of my Caribbean heritage. These are the times when inspiration flows effortlessly, when collaboration sparks new ideas, and when my work connects with others in meaningful ways. They are moments of joy, presence, and purpose, where time seems to expand rather than pass, and I wish they could last indefinitely.
Quelle différence faîtes-vous entre temps et éternité?
As a spiritual person, I differentiate time from eternity by seeing time as the measure of moments, experiences, and changes in the physical world—finite, structured, and linear. Eternity, on the other hand, is the boundless, timeless dimension of the spirit, where existence is not measured by minutes or hours but by presence, consciousness, and connection. While time frames our earthly journey, eternity represents the infinite, enduring essence that transcends all beginnings and endings.

Votre première montre?
I can’t remember my first watch exactly, but I do know it was gifted to me, as have all the watches I’ve ever owned. Every timepiece in my life has been a gift, which makes each one feel personal and meaningful, carrying a sense of thoughtfulness and connection from the person who gave it.
Si vous possédez plusieurs montres (merci d’en indiquer approximativement le nombre), quels rôles jouent-elles dans votre existence?
I currently own three silver watches. Each plays a distinct role in my life: one is for daily wear and practicality, keeping me punctual and grounded; another is a more elegant piece, reserved for special occasions where style and presence matter; and the third serves as a sentimental or symbolic watch, connecting me to personal memories and meaningful moments. Together, they blend functionality, aesthetics, and emotional significance, reflecting different facets of my life and personality.
Celle que vous aimeriez avoir le plus?
The watch I would most like to have is the Patek Philippe Nautilus. Its timeless design, exceptional craftsmanship, and elegant yet versatile style make it a piece that transcends trends. Beyond its aesthetic appeal, it represents precision, heritage, and a dedication to excellence—qualities I deeply value and aspire to embody in both my personal and professional life.
Si, privé d’indicateur horaire, quel objet personnel planteriez-vous dans le sol pour qu’il vous renseigne sur l’heure qu’il est, à la manière d’un antique cadran solaire?
If I were deprived of my watch and had to rely on a personal object to tell the time, I would choose a compass. While traditionally used for direction, a compass can help track the sun’s position and shadow throughout the day, serving as a practical tool to estimate time. It combines functionality with a sense of exploration, allowing me to navigate both space and time thoughtfully.















