Je suis régulièrement frappé de dysphonie psychogène, c’est-à-dire sidéré au point d’en perdre la voix, lorsqu’une entreprise du secteur qui reçoit gracieusement un carton de Journal Suisse d’Horlogerie JSH pour ses collaborateurs, visiteurs, directeurs et espaces communs, m’oppose, au nom de son image soi-disant propre, une fin de non-recevoir!
Par Joël A. Grandjean, Rédacteur en chef de JSH® Magazine & Swiss Watch Passport
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Joël A. Grandjean: « Il y a un zeste d’absurde dans cette logique qui sollicite nos pages imprimées avec passion tout en laissant entendre qu’elles entacheraient une réputation »
C’est cocasse, mais ce sont souvent des entités rompues aux rapports annuels, ceux-là mêmes qui comportent l’incontournable paragraphe sur leur éthique «environnementalement correcte». À noter que la même entreprise, ou marque, continue d’assaillir notre rédaction de ses communiqués de presse. Il y a un zeste d’absurde dans cette systématique qui sollicite nos pages, produites avec passion, tout en laissant entendre qu’elles entacheraient une réputation. Sérieux? La posture est purement idéologique, et un tel raisonnement s’effondre face à la logique de ces milliards de calories issues des milliards de photos inutiles que des milliards d’individus accumulent dans les serveurs du cloud mondial. Y compris celles de ces collaborateurs qui travaillent dans une telle entreprise modèle et qui, ô stupeur, se rendent aux toilettes avec leurs portables connectés.
Un tel raisonnement s’effondre face à la logique de ces milliards de calories issues des milliards de photos inutiles que des milliards d’individus accumulent dans les serveurs du cloud mondial »
Au fait, à propos des «pauses-besoins»: il était une fois à la tête de Jean Singer & Cie, Joris Engisch, un patron neuchâtelois héritier d’une industrie familiale forte de 400 collaborateurs dédiés à la fabrication de cadrans pour les montres les plus prestigieuses de l’excellence horlogère suisse. Il s’était fait alpaguer pour avoir instauré le timbrage avant d’aller aux toilettes.
Joris Engisch s’était fait alpaguer par la TV pour avoir instauré le timbrage avant d’aller aux toilettes«
La TV m’avait invité à en débattre: elle en avait fait tout un plat, postures dogmatiques versus pragmatisme entrepreneurial. Ni une ni deux, j’avais envoyé à ce patron téméraire une vraie lettre, l’invitant à dispenser de timbrage ceux de ses employés qui, en partance pour ces lieux de concentration forcée, acceptaient de troquer leur mobile contre un JSH. «Notre journal, truffé de transmissions de savoirs et de dossiers de référence, c’est presque de l’acquisition de compétences, de la formation continue…», avais-je écrit. «Après tout, il se peut qu’un peu de papier puisse servir en ces incontournables passages obligés»!
Lire JSH aux toilettes? « Notre journal, truffé de transmissions de savoirs et de dossiers de référence, c’est de l’acquisition de compétences, de la formation continue…»














