{Publié le 20 décembre 2011} Genevoiseries. À l’heure où une formidable expo horlogère transformait le Musée Rath en écrin de « Trésors d’or et d’émail » jusqu’au 29 avril 2012 (acquérir le catalogue), histoire de se rendre compte enfin de la richesse et de la qualité de ce patrimoine d’exception, il est bon de relire la page 23 du Mémorial des Séances du Conseil Municipal de la Ville de Genève (168ème année, 4501 – N°39).
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Ou comment se clôture un sinistre épisode de la vie culturelle genevoise: CHF 423’032.07 ont été dépensés pour parvenir à la conclusion que la sécurisation de la Villa Route de Malagnou abritant le Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie de Genève était soi-disant trop coûteuse. De l’argent public jeté par les fenêtres puisque, de toute manière, la volonté politique ayant décidé de tout investir pour agrandir le Musée d’Art et d’Histoire (projet de l’architecte star Jean Nouvel), s’est employée depuis à tout mettre en oeuvre pour parvenir à ses fins. Comme démontrer à tout prix -c’est le cas de le dire- que d’autres Musées pouvaient y trouver un bénéfice.
Des Musées d’Art et d’Histoire, il y en a des centaines voire des milliers dans le monde, un Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie, il n ‘y en avait qu’un, à Genève, dans l’une des métropoles horlogères les plus en vue de la planète. Cherchez l’erreur!
Ainsi, le 18 janvier 2011, selon le PV de cette séance en après-midi, « Le Conseil administratif a décidé d’abandonner le projet de réaménagement et d’agrandissement du Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie au profit d’une mise en valeur des collections dans le cadre de rénovation et d’agrandissement du Musée d’Art et d’Histoire au 2, rue Charles-Galland. L’étude du réaménagement, de la sécurisation et de l’agrandissement du Musée est abandonnée. »
Dès lors, les 18’000 à 20’000 pièces exceptionnelles qui étaient abritées et mises en valeur dans ce lieu public, valeurs patrimoniales inestimables et irremplaçables, sont appelées à dormir injustement, jusqu’à quand, dans les vestiaires peu fréquentés de la mémoire collective, dans les vestibules de l’oubli collectif. Elles sont vouées à rester invisibles aux yeux de la population genevoise, du grand public, des touristes, des nouvelles générations.
S’asseoir à ce point sur des trésors si riches en enseignements et en transmissions de valeurs alors que parallèlement des acteurs privés capitalisent, avec l’aide de l’engouement mondial, sur ces richesses immatérielles dont ils tirent une nouvelle richesse, relève d’une incongruité crasse.
Bizarre cette terre qui sait s’enorgueillir de ses milliers d’emplois et de sa réputation mondialement validée tout en se désintéressant des racines de son opulence exceptionnelle. On est encore loin d’une Horlogerie reconnue comme une Culture à part entière. Une Culture capable d’institutionnaliser les initiatives privées, de les fédérer et de les encourager, tout en leur offrant l’assise d’une neutralité pérenne!













